Posidonie

Bonjour, je m’appelle Posidonie

Vacanciers ou voisins, savez vous qui je suis ? Apparemment non, car vous me critiquez souvent et vous plaignez de moi auprès de vos élus. Permettez-moi de me présenter. Mon nom scientifique est POSIDONIA OCEANICA mais on m’appelle plus communément Posidonie. Constituée de racines, tiges et feuilles, je suis une espèce endémique de méditerranée, une plante à fleurs marines et je fleuris et fructifie périodiquement.

Si vous regardez un peu sous l’eau, vous avez dû apercevoir ma chevelure de feuilles longues et vertes se balançant au gré du courant. Les touffes que je forme s’appellent des herbiers de posidonies. Mes feuilles sèchent et, emportées par les vagues, sont rejetées sur le littoral où elles forment des amas brunâtres. Des petites boules fibreuses que je perds à l’automne et qui sont roulées par les eaux font partie de ces amas. Ces éléments tout à faits naturels témoignent de la bonne santé de notre fond marin.

On me trouve tout autour du bassin méditerranéen, d’une façon presque continue sur un fin liseré qui s’étend de 0 à 35 mètres de profondeur. Pourtant, l’étendue et la bonne santé des herbiers ne doivent pas faire oublier ma grande fragilité. Je souffre en effet beaucoup de l’action mécanique des ancres de bateaux et des chaluts de pêche qui arrachent mes tiges appelées rhizomes et je suis très sensible à la qualité des eaux de mer. Je régresse devant les aménagements du littoral et les pollutions.

Pour faire une comparaison, je dirai que les herbiers de posidonies sont l’équivalent de nos forêts. Mes feuilles produisent une grande partie d’oxygène, vital pour la vie sous marine, (10 litres par jour et par m2). Les animaux marins (oursins, poissons) trouvent dans l’herbier un abri et un lieu de reproduction, ainsi que leur principale nourriture. Le premier maillon de la chaîne alimentaire qui aboutit à l’homme, ce sont ces animaux. Vous comprenez peut être mieux désormais pourquoi je suis une espèce protégée au niveau national (Loi du 10/7/1976 par arrêté du 19/7/88, décret du 20/9/89 directive de l'union européenne du 21/5/92 et par le code de l'urbanisme R146-1)


Les herbiers de posidonies, il faut le savoir, protègent le littoral contre l’érosion et luttent contre la disparition des plages. En effet, grâce à la densité de mes feuilles, je ralentis le courant de fond et j’amortis la force des vagues sur le rivage ; tout cela freine l’érosion. Sachant aussi que mes feuilles et mes tiges piègent les sédiments apportés par les courants marins, je maintiens les fonds marins comme un arbre maintient le sol terrestre. Tous mes dépôts sur le rivage participent à la protection de nos côtes contre l’action de la mer. Ils forment un tapis qui maintient le sable et protège la plage contre les coups de mer.

La Posidonie protège les littoraux sableux, comme la plage de la Garonne, d’où la lutte contre la Caulerpa taxifolia ( dans la baie de la Garonne sur 80HA) mise en place par la commune il y a une dizaine d’année. Il est donc de bon sens de conjuguer la lutte contre la Caulerpa espèce invasive des fonds recouverts par l’herbier et de conserver l’herbier de posidonie mort sur la plage même l’été pour conserver le trait de côte.

C’est pour cela que la ville du Pradet retarde au maximum l’enlèvement de ces banquettes et, même s’il en reste un peu, même si je colle un peu à la peau, vous voyez bien que je ne suis pas si sale que vous le dites. Je trouve au contraire que la qualité des eaux de la commune est bonne et que je protège ce que vous souhaitez retrouver la saison prochaine pour vos vacances : La Plage. Allez, bonne baignade ! (Valérie Besio)